Test Shiness : The Lightning Kingdom

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PS4

Près de trois ans après la campagne Kickstarter qui a permis au jeune studio Enigami basé à Tourcoing de rassembler $140,000 pour le développement de Shiness : The Lightning Kingdom, le jeu est enfin disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC. Aperçu à plusieurs reprises sur les salons du petit monde vidéoludique, cet Action/RPG soutenu depuis la GamesCom 2015 par Focus Home Interactive avait su susciter notre curiosité. Le résultat final est-il à la hauteur des attentes ?

Bienvenue sur la planète Mahera, ou plutôt ce qu’il en reste : longtemps préservée grâce au pouvoir du Shi composé des éléments eau, feu, air et terre, elle s’est fragmentée suite à une guerre fratricide entre ses différentes civilisations, ne laissant derrière elle que des morceaux, les meteoras. Sur l’une d’entre elles, Hika, vivent les Wakis parmi lesquels le jeune Chado a du mal à trouver sa place depuis la mort de sa mère. Il faut dire qu’il communique depuis quelques temps avec Terra, un esprit de la terre aussi appelé Shiness qu’il est le seul à voir : autant dire que ses congénères le prennent rapidement pour un fou, à l’exception de son ami Poky avec lequel il conçoit le bateau volant Asanao. Après deux premiers essais infructueux, le duo parvient à décoller et entame un périple vers les Terres de Vie où Terra entend retrouver les autres Shiness, tandis que Chado espère que le pouvoir du Shi lui permettra de revoir sa mère.

Une aventure de longue haleine

Malheureusement pour notre équipage de choc, les choses tournent mal à l’approche de la meteora Gendys sur laquelle un violent orage fait atterrir le navire en catastrophe. Chado et Poky sont séparés durant l’accident, et explorent cet environnement inconnu chacun de leur côté en tentant de se rejoindre. Ils ne tardent pas à faire la connaissance des habitants du coin, les Shelk, parmi lesquels le guerrier Kayenne veille sur la princesse Rosalya qui cherche apparemment à échapper aux siens installés sur la meteora Adorya. Le jeune Askel lancé à ses trousses n’aura pas beaucoup de mal à la retrouver, mais il devra alors composer avec les nouveaux amis de la belle qui n’entendent pas la laisser partir contre son gré. Sans entrer dans les détails, la fine équipe optera rapidement pour une collaboration visant à rejoindre les fameuses Terres de Vie où chaque protagoniste semble finalement vouloir trouver quelque chose.


Si vous trouvez le résumé ci-dessus quelque peu indigeste, rassurez-vous : ce n’est qu’au bout de six à huit heures de jeu que vous aurez tous ces éléments en main, de nombreux détails sur le monde de Mahera étant dévoilés au compte-gouttes au fil de votre progression. Ceci étant nous n’aurions pas été contre une encyclopédie intégrée au jeu pour mieux comprendre l’univers particulièrement riche de Shiness qui, rappelons-le, est né il y a déjà bien longtemps dans l’esprit de Samir Rebib, directeur créatif chez Enigami : les deux mangas du même auteur disponibles sur le site officiel du jeu permettent déjà d’y voir un peu plus clair, mais il ne fait aucun doute que quelques planches supplémentaires n’auraient pas été de trop pour avoir une vision plus globale de l’œuvre.

Mais revenons-en à l’aventure qui vous attend en compagnie de nos cinq héros, d’une trentaine d’heures en tout, qui alternera comme tout bon Action/RPG les séquences d’exploration et les combats dans différentes quêtes et autres activités annexes. Sans surprise vous devrez accomplir des quêtes principales pour faire progresser l’histoire, tandis que les quêtes secondaires serviront à prendre de l’expérience pour monter de niveau et à obtenir de sympathiques récompenses. Si les premières se débloqueront presque toujours automatiquement, il vous faudra parler aux différents PNJ croisés ici ou là pour démarrer les secondes.

Une structure plutôt classique

Quelle que soit la quête entamée (on peut en activer plusieurs à la fois !), un marqueur sur la carte du jeu (accessible via le pad de la DualShock 4) vous indique toujours où vous devez vous rendre pour avancer. Si les premiers environnements proposés sont relativement linéaires et ne laissent que peu de choix pour aller d’un point A à un point B, les choses s’arrangent par la suite avec des zones un peu plus ouvertes qui vous laisseront plus de latitude quant à vos déplacements. Vous pourrez d’ailleurs à cette occasion vous adjoindre moyennant finances les services d’un amos, le chocobo local, pour accélérer la manœuvre. Un coup de pouce bien utile lorsque l’on vous assignera un objectif où vous découvrirez, une fois sur place, qu’il vous faut un objet proche de votre lieu de départ pour continuer à avancer : si les quêtes façon « poupées gigognes » permettent souvent de créer la surprise dans les Action/RPG, une utilisation visant à multiplier les allers-retours peut en revanche vite lasser. Autre petit regret, les quelques passages de pure plateforme proposés par le jeu n’ont pas grand intérêt, d’autant qu’ils souffrent d’un manque de précision qui risque d’énerver les moins patients. Mais rassurez-vous : même si le type ou la structure des quêtes de Shiness n’a rien de particulièrement original et offre même quelques passages un peu pénibles, l’ensemble se laisse découvrir avec grand plaisir.

Il faut dire que les développeurs ont eu la bonne idée d’insérer ici ou là quelques puzzles mettant à profit les capacités spéciales des personnages. Chado peut ainsi faire apparaître deux menhirs servant soit à détruire des murs ou structures fragiles, soit de contrepoids pour activer des mécanismes. Dans le même registre, Poky peut relier différents objets à des sources d’énergie colorée afin d’ouvrir une porte ou faire s’abaisser un pont-levis. Le don de télékinésie de Kayenne et le fouet d’Askel leur permettent de déplacer ou d’actionner certains objets. Quant à Rosalya, c’est sa maîtrise du feu qui sera mise à profit dans ces petites énigmes. Bien sûr les premiers exercices du genre qui ne servent qu’à comprendre les capacités de chacun peuvent être réussis par un enfant de six ans, mais les puzzles impliquant d’utiliser tour à tour les différents personnages peuvent se montrer un peu plus retors !

Durant vos pérégrinations, vous repèrerez de loin les monstres qui habitent les environnements explorés, ce qui vous permettra de les contourner pour éviter l’affrontement, de vous en approcher discrètement pour porter le premier coup qui vous donnera un (très) léger avantage, ou bien de foncer dessus tête baissée en mode Rambo (conseillé seulement si votre niveau est largement supérieur !). Le jeu basculera alors dans son mode combat si particulier qu’il mérite bien un paragraphe dédié.

Des combats dynamiques mais un système complexe

Avant toute chose, il convient de préciser que si votre équipe peut rassembler jusqu’à cinq membres, seuls trois d’entre eux peuvent être actifs en même temps (le menu Equipe permet de sélectionner ceux que vous souhaitez utiliser). Ceci étant, et même si vous attaquez un groupe de trois ou quatre ennemis, ce sont forcément des duels que vous livrerez durant les combats.

Dès l’affrontement démarré, l’arène se ferme par un mur coloré et le jeu se transforme en ersatz de jeu de combat rappelant furieusement la série Naruto Shippuden Ultimate Ninja Storm : aux commandes de l’un de vos héros vous pouvez distribuer des coups de poing (Carré) ou de pied (Croix), vous mettre en garde (Rond), esquiver (Rond + stick gauche) et tenter de contrer (Triangle). Autant être clair, il vous faudra maîtriser rapidement les deux dernières manœuvres si vous espérez voir la fin de l’aventure tant certains affrontements, particulièrement contre les boss, peuvent se montrer difficiles. Si l’esquive vous permettra d’échapper à certaines attaques dévastatrices, le contre sera parfois le seul moyen d’éviter un combo meurtrier de votre adversaire. Seul petit hic, il nécessite un point de votre barre de tension (qui se remplit en occasionnant et en recevant des dégâts) et doit être déclenché juste avant d’être touché pour réussir. Le cas échéant, il conviendra d’attaquer rapidement et de manière la plus efficace possible pour envoyer rapidement l’ennemi ad patres et passer au suivant.


Bien sûr, quelques petites subtilités viennent rendre les affrontements plus intéressants comme les Techniques faisant office de combos en mêlée (enchaînements de Croix et Carré à terminer par un appui sur R2), et de sorts à distance (L2 + un bouton coloré). Quelle que soit leur type, ces techniques doivent d’abord être équipées par chaque personnage qui augmentera son niveau de maîtrise à chaque fois qu’il les utilisera. Une fois apprise, la technique reste disponible pour le personnage en question et peut être affectée à l’un de ses collègues. Donnée supplémentaire pour les sorts, ils consomment l’un des quatre types de Shi (eau, feu, air et terre) et ne peuvent donc être utilisés en continu. Heureusement il est possible de se recharger en Shi durant le combat en se concentrant (R2 maintenu), le type d’énergie récupérée dépendant de la couleur du mur coloré délimitant l’arène (elle change toutes les cinq à dix secondes). Cerise sur le gâteau, les sorts de tel ou tel élément sont plus efficaces si le mur en question est de la même couleur ! Vous l’aurez compris, il faudra donc décider en permanence s’il est plus judicieux de recharger sa jauge ou de lancer les sorts de l’élément actuellement « privilégié ».

Comme si tout cela n’était pas suffisant, chaque personnage dispose d’une attaque ultime (appelée Hyper) utilisable uniquement lorsque la jauge de tension est pleine : il vous suffit d’appuyer sur R1 pour lancer l’attaque, puis de réussir le QTE qui s’affiche à l’écran afin d’occasionner un maximum de dégâts à votre adversaire. Attention toutefois la jauge de tension sera alors entièrement vidée, que le QTE soit réussi ou non ! Sachez en outre qu’il sera interrompu si votre adversaire parvient à vous toucher pendant que vous tentez de le réaliser.

Un travail d’équipe

Evidemment, il sera difficile d’exterminer trois ou quatre adversaires avec un seul de vos personnages : lorsque le niveau de la jauge de vie de votre combattant du moment atteint zéro, le suivant prend sa place mais il peut être plus judicieux d’anticiper cette défaite et de passer manuellement à un autre héros via le bouton L1. Il faut dire que bien qu’ils ne participent pas activement au combat, vos partenaires peuvent vous donner un coup de pouce non négligeable lorsque vous êtes dans l’arène.

Les développeurs ont en effet inclus un système de Soutien qui permet de configurer les actions de vos alliés lorsqu’ils ne sont pas en combat. Vous pourrez par exemple leur demander de vous soigner lorsque votre jauge de vie descend en dessous de 75%, 50% ou 25% de son maximum, mais d’autres actions seront peu à peu débloquées comme la guérison d’un état altéré ou l’augmentation temporaire de tel ou tel attribut. A vous de bien préparer votre équipe et de vous assurer qu’elle exploite au mieux les talents à sa disposition.

Un conseil qui vaut aussi pour l’équipement de vos troupes dans lequel vous trouverez, outre les techniques évoquées plus haut, des vêtements, pièces d’armures ou accessoires pour la tête, les mains, la taille et les pieds de chacun. Tous ces objets pourront être récupérés dans les nombreux coffres plus ou moins cachés dans les environnements du jeu, mais aussi achetés ou troqués auprès des marchands. A ce sujet, précisons que les monstres et les PNJ ne sont pas les seuls être vivants de Shiness : chaque décor possède sa propre faune dont vous pouvez attraper les représentants en les approchant directement par l’arrière afin de récupérer une coquille, une touffe de poils et même des excréments si vous manquez de chance. Heureusement vous trouverez bien un marchand intéressé par ces objets divers et variés, qui acceptera de les acheter ou de les échanger.

Bien sûr de nombreux consommables sont aussi de la partie pour vous permettre de restaurer votre vie, votre tension ou vos quatre réserves de Shi, ceux-ci pouvant être affectés sur les touches de la croix directionnelle pour un accès rapide en plein combat.

Quelques fautes techniques

Si l’on ne peut qu’apprécier le design mignonnet des personnages et des décors de Shiness, tous très colorés et joliment animés, servis par un rendu en cel-shading du plus bel effet, le jeu d’Enigami souffre tout de même de quelques petits défauts techniques qui peuvent gêner, voire parfois irriter. On commencera par la présence d’un aliasing certes mesuré mais qui fait tout de même un peu tâche sur PlayStation 4 Pro (nous ne savons pas si le jeu exploite la puissance supplémentaire de la machine), pour mentionner ensuite le popping qui frappe la végétation (herbe, buisson) à courte distance lors des plans larges (en jeu ou pendant les cut-scenes).

Plus gênant, il nous est arrivé à deux ou trois reprises (ce qui n’est pas non plus dramatique) que notre personnage se bloque dans le décor (un changement de héros avec L1 ou un saut peuvent régler le problème), voire qu’il traverse le sol (en particulier en sautant dans un ascenseur). Mais ce qui risque de poser le plus de problèmes est sans conteste la caméra durant les combats, qui peut se placer de telle sorte que l’action soit tout bonnement illisible. Un rapide coup sur L3 permet de la replacer derrière le personnage, mais il peut déjà être trop tard face aux ennemis les plus puissants...


Bien que ces désagréments nous aient quelque peu décontenancés durant les premières heures de l’aventure, nous avons rapidement fini par passer outre grâce notamment à la sympathique histoire proposée par le jeu qui, si elle ne gagnera pas un prix littéraire, se laisse suivre sans problème et suscite même la curiosité. On salue tout particulièrement la présentation de saynètes sous forme de manga, avec voix en anglais (et sous-titres français) pour supporter la narration, même si on aurait aimé que les multiples dialogues vécus au sein du jeu pendant l’aventure soient eux aussi parlés.

Un mot enfin sur les musiques qui vous accompagneront durant votre périple, franchement réussies, et qui se renouvellent pile au bon moment (lorsque vous changez de zone !) pour ne pas devenir répétitives : après nous avoir fait une petite frayeur durant la première partie du jeu, un peu longue à notre goût, la bande son nous a littéralement envoûtés par la suite.

Notre verdict

On aime

  • Le système de combat
  • Une histoire sympathique
  • Des décors et personnages colorés
  • Les superbes musiques
  • Les saynètes façon manga

On n'aime pas

  • Un début d’aventure un peu lent
  • Quelques défauts techniques
  • Les quêtes pas toutes originales

Malgré quelques imperfections tout à fait acceptables pour un jeu proposé à 29,99€, et qui n’enlèvent rien à son système de jeu profond et à ses combats prenants, Shiness : The Lightning Kingdom est un coup d’essai réussi pour le jeune studio Enigami qui nous offre un Action/RPG plein de bonnes idées, à défaut d’être toutes originales, qui devrait satisfaire les amateurs du genre. On attend maintenant de savoir si l’univers imaginé par Samir Rebib aura la chance d’être exploité plus en détails dans une éventuelle suite, qui pourrait permettre au studio de gommer les petits défauts de sa première production et de lui donner un peu plus d’envergure.

Note finale : 7 / 10
Les commentaires
Le
Merci pour le test que j'attendais! Et bien le jeu a l'air d'être vraiment sympa :)
Je m'y mettrai surement après persona!

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