Test Prey

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PS4

De la licence Prey dont le premier opus n'est jamais sorti sur PlayStation 3 nous nous souvenons surtout de la présentation d'un ambitieux second volet qui n'a malheureusement jamais vu le jour à cause d'une annulation surprise. Plus d'une décennie après son lancement initial, le nom revient chez Bethesda mais n'a absolument plus rien à voir avec le titre de 2006. Du mécanicien cherokee enlevé par des extraterrestres nous passons à une lutte contre l'envahisseur alien dans une station spatiale scientifique en 2032. Ce sont désormais les français d'Arkane Studios - à qui nous devons la série Dishonored - qui reprennent le flambeau pour un résultat bien plus mémorable.

Bioshock in Space

Imaginez que le 22 novembre 1963 la tentative de meurtre sur le président américain John Fitzgerald Kennedy se soit soldée par un échec et que la face du monde prenne alors une autre tournure que celle que nous connaissons. Un inattendu rapprochement avec les soviétiques dans le cadre de la conquête spatiale et hop, en 2032 une station orbitale à vocation scientifique a sa place parmi les étoiles. C'est sur Talos I que vous vous réveillez, dans la peau de Morgan Yu dont la magie du prénom mixte lui permet d'être au choix un homme ou une femme. Le radio réveil sonne, vous entamez une journée de travail ordinaire quand les choses se mettent à dégénérer. D'abord des problèmes de mémoire qui vous obligent à rester en contact audio avec un mystérieux bienfaiteur à la Bioshock et à visionner des messages que vous aviez laissés à votre intention (comme dans Total Recall). Puis des déconvenues avec les envahisseurs. A l'instar d'un bon vieux Half-Life dont il reprend bien des idées (le contexte, la combinaison, les ennemis arachnides…), les extraterrestres sont entrés en contact avec la race humaine de manière frontale et agressive. Bien sûr, ces braves humains s'en sont servis un temps de cobayes pour leurs expériences afin d'en extraire les pouvoirs, mais un incident s'est produit et ils ont désormais pris le contrôle de la station, décimant vos collègues au passage. A vous de leur tenir tête et d’empêcher qu'ils atteignent notre planète en faisant tout sauter. Vous êtes le dernier rempart de l'humanité.

Prey se présente comme un FPS moderne, comprenez par là qu'il emprunte d'importants éléments de gameplay à des jeux de rôle. Citons par exemple une barre d'endurance améliorable qui s'épuise bien vite lors des courses et des coups de clé à molette, des kits de modificateurs d'armes pour en upgrader les statistiques (dégâts, contenu du chargeur, vitesse de chargement…) ou un inventaire par cases qui arrive rapidement à saturation. Plus important, la présence d'une combinaison censée essuyer les premiers dégâts et sur laquelle on peut insérer des puces de protection, et celle de Neuromods à s'enfoncer dans le cerveau en passant par l’œil pour obtenir de nouvelles compétences scientifiques, d'ingénierie ou de sécurité. A la manière des plasmides de Bioshock, une petite seringue dope nos capacités humaines en force physique, récupération, santé, piratage ou réparation. Ainsi, certains chemins bloqués par une lourde charge ne pourront s'ouvrir qu'à condition d'avoir le niveau de force requis quand une machine déréglée n'obéira qu'avec de solides connaissances en réparation, et un digicode ne sautera qu'après un mini-jeu de piratage qui rappelle là aussi le jeu culte d'Irrational Games. Différentes possibilités sont offertes au joueur afin d'avoir (presque) toujours plusieurs solutions à un même problème. A la manière d'un Deus Ex, le level design ouvert et inventif autorise souvent des contournements et chemins alternatifs pour atteindre un objectif principal ou secondaire sur la carte.


Une fois que vous aurez mis la main sur le psychoscope, vous pourrez scanner les ennemis pour découvrir leurs faiblesses et surtout leurs forces à leur voler. Des pouvoirs extraterrestres rejoindront ainsi le menu des Neuromods pour gagner en puissance (onde de choc, résurrection de cadavres en larbins, possession…) ou en infiltration (la fameuse transformation en objets pour se glisser partout). La difficulté relativement élevée du titre nous heurte régulièrement à des écrans de game over, même en mode normal, si bien que chaque ennemi représente une menace. Que ce soit les Mimics - sorte d'araignées visqueuses capables de se changer en objet pour mieux nous surprendre - ou les Fantômes de forme humanoïde spectrale, leur force brute face à notre faiblesse organique ne nous donne jamais l'avantage. Mieux vaut privilégier la discrétion pour éviter le conflit, utiliser la ruse et la technologie en déplaçant des tourelles automatiques (préalablement réparées avec la bonne compétence) ou booster à fond sa maîtrise des armes. Cette dernière méthode est la moins payante, le manque de munitions et de kits de soin à disposition se faisant rapidement sentir.

Prey à tort

Que l’aventure prenne place en 2032 apporte son lot de nouvelles technologies, en particulier en matière de recyclage des déchets, la meilleure façon de faire le plein de vivres et de munitions. En pressant Carré nous pouvons ramasser tout un tas de saloperies contenues dans des caisses, des meubles, des bureaux, des poubelles, des cadavres et ainsi de suite. Ces ordures alimentent ensuite un recycleur qui compacte le contenu de nos poches en cubes de matières premières avec lesquelles on peut créer des objets dans un fabricateur. La machine peut sortir des armes, des munitions, des grenades, des kits de soin et n’importe quel objet dont nous aurions le plan de fabrication. Une sorte d'imprimante 3D instantanée bien pratique à condition de glaner tout ce que nous pouvons porter comme un sans-abri poussant un caddie de canettes en aluminium. Nos poches n'étant pas sans fond, les détritus à transporter sont en quantité limitée si bien que les ressources seront encore plus réduites en nombre. Résultat, on perd un temps fou à chiner à droite à gauche pour remplir nos poches d'épluchures et de vielles bobines de fil en attendant de tomber sur un (rare) recycleur pour les convertir en choses utiles. C'est amusant au début, moins par la suite et trop chronophage pour ce que ça rapporte. Jouer l'éboueur en permanence n'est de toute façon pas la raison pour laquelle on achète un jeu d'action en vue intérieure.

Autre technologie appréciable de ce futur alternatif, un canon à glue balançant des boules de mousse capables de figer des ennemis pour ensuite mieux les fusiller, de colmater une fuite de gaz / un arc électrique ou de créer des plateformes de fortune pour grimper sur des hauteurs inaccessibles d'un simple saut. Une bonne idée de gameplay, bien exploitée, qui apporte de la verticalité même si la portée de notre Nerf est à la limite du ridicule. Pour les armes létales, on ne s'éloigne pas trop des classiques actuels (pistolet, fusil à pompe, grenades) et de la science-fiction (arme laser) sans prétendre à tenir tête à un épisode de Ratchet & Clank en la matière. Original certes mais ne vous attendez pas à dégainer un sabre laser pour autant. Placer l'action dans l'espace ne sert pas uniquement à regarder les étoiles à travers les vitres puisque quelques sorties à l'aide d'un pack de propulsion sont organisées à des instants clés. On ne parle pas de voyage en vaisseau mais uniquement de quelques percées dehors pour tâter de l'apesanteur et récupérer une carte d'accès ou rejoindre des passerelles de la station inaccessibles autrement. Les sensations de gravité réduite sont bien retranscrites avec une inertie significative lors des sauts ou des poussées en avant. Une partie néanmoins anecdotique sur la bonne vingtaine d'heures requise pour boucler la trame principale et encore plus si vous voulez décrocher des trophées (presque tous Ultra-rares), déverrouiller toutes les compétences ou faire le tour des quêtes annexes. Une durée de vie copieuse pour un titre uniquement solo facilement trouvable dans les 45 euros à sa sortie en boite.


D'un point de vue graphique, Prey souffle le chaud et le froid. Le CryEngine apporte de la fluidité à défaut nous en mettre plein la vue avec ses textures industrielles froides et peu détaillées. Le titre n'impressionne jamais et sa direction artistique rétro-futuriste n'a pas de charme particulier et se rapproche, encore une fois, du style de Rapture pour certains intérieurs ou polices d'écritures (en moins bien). Les rares PNJ rencontrés souffrent d'un manque de charisme évident là où Dishonored insufflait bien plus de cachet à ses têtes d'affiche. Pas de quoi grimper au rideau donc, surtout si on rajoute à ça quelques bugs (graphiques et physiques) et des temps de chargement coupant bien les zones de la station. Les musiques et les doublages français font leur boulot d'ambiance. Les dialogues évitent de lire des sous-titres puisque niveau lecture il y a déjà de quoi faire avec les innombrables mémos, notes et mails qui jonchent chaque ordinateur jusqu'à écœurement. A la longue on ne culpabilise même plus de zapper des pages entières de documents en se disant que de toute façon si on y trouve un code d'accès pour un coffre il s'affichera à l'écran devant celui-ci. Au pire, on pourra toujours le pirater. C'est ça la liberté.

Notre verdict

On aime

  • Une bonne dose d’exploration
  • Une grosse durée de vie
  • Les voies alternatives (piratage, glue, conduits)
  • Les compétences évolutives
  • Armes et pouvoirs originaux
  • Les missions facultatives
  • Survivre se mérite

On n'aime pas

  • Pas mal d’idées prises ailleurs
  • Bourrins s’abstenir
  • Les morts régulières, même en Normal
  • Le style rétro-futuriste pas génial
  • Devoir jouer le clodo pour s’équiper
  • Les allers-retours et leurs temps de chargement

Prenez le meilleur d'Alien : Isolation, d'Half-life, de Dishonored, de Bioshock et de Deus Ex, mélangez le tout et vous obtenez le Prey d'Arkane Studios. Titre sous influences, le FPS est une pépite pour tous les amateurs de science-fiction à la recherche d'une aventure mémorable mêlant infiltration, survie et exploration. Les gunfights auraient mérité d'être plus nerveux et la réalisation plus clinquante mais le gameplay est davantage porté sur la discrétion, la tactique et l'architecture mise plus sur les volumes et les chemins alternatifs que sur le tape-à-l’œil. Encore un grand jeu pour les lyonnais sur qui il faut désormais compter comme des acteurs majeurs de l'industrie.

Note finale : 8.5 / 10
Les commentaires
Le
Tiens donc t'es bien hypé par le jeu... Je vais me refaire la démo, je suis peut être passé à côté d'un truc.
Le
Y'a aussi une bonne tartine de points négatifs hein.

Faut lui laisser le temps pour que la mayonnaise prenne, la démo d'une heure est insuffisante je pense.
Le
La musique histerique ne dérange pas quand ça bastonne ? Au casque c'était horrible dans la démo
Le
La musique est vraiment discrète, au point de disparaitre quand on est discret. Elle n'intervient que quand on est grillé mais ne dure jamais longtemps, soit parce qu'on est mort soit parce qu'on a éliminé les menaces.
Le
9/10 select chez Gamekult
9/10 chez Gameblog
16/20 sur jeuxvideo.com

Je n'attendais pas du tout ce jeu à vrai dire mais de ce que j'ai lu pour l'instant, il y a pas mal d'éloges.
Et on le trouve à 45 euros environ dès sa sortie (ce qui n'est pas forcément bon signe en fait... encore un jeu à moins de 30 euros dans 3 / 4 mois... Ils ont vraiment pas de bol chez Arkane...).
Le
Le jeu à pratiquement aucun marketing, tout comme Dishonored 2, ce qui pénalisera sans doute son succès et celui d'Arkane par la même occasion. Bravo Bethesda.
Le
Vincent a écrit :
mer. 10 mai 2017 11:51
Le jeu à pratiquement aucun marketing, tout comme Dishonored 2, ce qui pénalisera sans doute son succès et celui d'Arkane par la même occasion. Bravo Bethesda.
Il a eu 800 trailers Prey nan ?
Au contraire de Disho 2.
Le
Franchement Prey j'ai pas eu l'impression d'une grosse campagne. Je m'y suis vraiment intéressé seulement avec l'annonce de la démo.
Le
La démo aide pas mal à faire connaître le jeu.
Le
MeWa a écrit :
mer. 10 mai 2017 14:12
Vincent a écrit :
mer. 10 mai 2017 11:51
Le jeu à pratiquement aucun marketing, tout comme Dishonored 2, ce qui pénalisera sans doute son succès et celui d'Arkane par la même occasion. Bravo Bethesda.
Il a eu 800 trailers Prey nan ?
Au contraire de Disho 2.
Les trailers ça touche les gamers mais le grand public, lui, en touché par une banderole géante dans une gare par exemple. :P
Le
Je l'ai depuis la sortie et il est effectivement bien sympa. Il n'a vraiment plus rien en commun avec le premier, mis à part la dénomination. Pour le reste, c'est une sorte de mix entre un System Shock, deadspace and co...

Après, je n'ai pas fait la démo, mais il est évident que c'est un jeu qui ne peut s'apprécier en quelques minutes, il faut le temps de découvrir toutes les mécaniques et vu qu'il faut au moins deux parties pour espérer obtenir toutes les compétences :o

Le plus gros problème à mes yeux, c'est sur le plan technique. Ce n'est pas vraiment folichon, sans être catastrophique non plus, mais ça fait plus titre PS360+ qu'un titre PS4. Je regrette aussi qu'il n'y ait pas encore la moindre optimisation sur Pro. Vu ce qui est affiché à l'écran, je suis persuadé qu'il pourrait tourner sans problème en 1080p 60fps ou au moins en simili 4k 30fps.

Enfin bon, tout le contraire du premier, qui était techniquement et visuellement assez attrayant, mais dés plus creux.
Le
purée ils ont resolu le probleme avec le joystick, je ne vais plus avoir la nausée. je peux m'y remettre. j'ai bien fait de ne pas le revendre

Jeux concernés

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